Le rapport 2019 sur les Centres de rétention écrit par la CIMADE et 4 autres organisations est sorti depuis quelques semaines. Vous le trouverez sur le site https://www.lacimade.org/publication/rapport-national-2019-sur-les-centres-et-locaux-de-retention/
Les pages 118-120 de ce rapport présentent un bilan du Centre de rétention de Cornebarrieu durant l’année 2019 : 1240 personnes enfermées (dont 47% ont été expulsées) ; durée moyenne de rétention : 19 jours; parmi les personnes enfermées, il y a eu 57 enfants âgés de 3 semaines à 16 ans ; les conditions de rétention sont déplorables, des personnes malades ont été enfermées, enfin organisation de charters d’expulsion… 

Ces nouvelles peuvent être mises en regard de la prise de position du pape François dans son encyclique Fratelli Tutti du 3 Octobre 2020 (voir § 129-130) : « … l’idéal serait d’éviter les migrations inutiles et pour y arriver, il faudrait créer dans les pays d’origine la possibilité effective de vivre et de grandir dans la dignité, de sorte que sur place les conditions pour le développement intégral de chacun puissent se réunir. Mais quand des progrès notables dans ce sens manquent, il faut respecter le droit de tout être humain de trouver un lieu où il puisse non seulement répondre à ses besoins fondamentaux et à ceux de sa famille, mais aussi se réaliser intégralement comme personne. Nos efforts vis-à-vis des personnes migrantes qui arrivent peuvent se résumer en quatre verbes: accueillir, protéger, promouvoir et intégrer… pour construire des villes et des pays qui, tout en conservant leurs identités culturelles et religieuses respectives, soient ouvertes aux différences et sachent les valoriser sous le signe de la fraternité humaine. Cela implique des réponses indispensables… augmenter et simplifier l’octroi des visas, adopter des programmes de parrainage privé et communautaire, ouvrir des couloirs humanitaires pour les réfugiés les plus vulnérables, offrir un logement approprié et décent, garantir la sécurité personnelle et l’accès aux services essentiels, assurer une assistance consulaire appropriée, garantir leur droit d’avoir toujours des documents personnels d’identité, un accès équitable à la justice, la possibilité d’ouvrir des comptes bancaires et d’avoir ce qui est essentiel pour leur subsistance vitale, leur donner la liberté de mouvement et la possibilité de travailler, protéger les mineurs et leur assurer l’accès régulier à l’éducation, envisager des programmes de garde provisoire ou d’accueil, garantir la liberté religieuse, promouvoir l’insertion sociale, favoriser le regroupement familial et préparer les communautés locales aux processus d’intégration. »