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De Port au Prince (avant le séisme) :

Cette réalité est bien celle des cites abandonnées à leur triste sort…Les mairies sont un peu dépassées par ces vagues de populations qui déferlent sur leur territoire. Comment freiner ce mouvement quand la province n’offre plus ce que les jeunes générations attendent? Cette attente concerne en premier lieu des besoins fondamentaux, comme la nourriture ou l’instruction.

Certes les gens aussi ont leur part de responsabilité dans ces constructions faites a la hâte car ils ne consultent personne, ni leurs futurs voisins ni les autorités locales.

Les enfants ne se rendent pas trop compte de tous ces inconvénients car la plupart d’entre eux sont nés dans ce contexte, la poussière et les divers bruits et mouvements de leur cité font partie de leur univers. Ils ne savent d’ailleurs pas bien se comporter avec les fleurs, les plantes et les arbres et se demandent à quoi peuvent-ils servir ! Il y a quelques plantations réalisées a l’école et nous constatons que peu a peu les enfants apprécient et découvrent leur raison d’être et leur beauté. Ils remarquent aussi que les plantes ont besoin d’être protégées par eux et que certaines sont plus fragiles que d’autres…

Côté bruit, les matchs de football, la musique et surtout les prières (de jour comme de nuit) ne semblent pas non plus perturber les enfants, c’est plutôt l’absence de bruit qui angoisserait…. Pour les maîtres et maîtresses, c’est plus pénible pour l’exercice de leur responsabilité.

Toute cette ambiance peut être aussi vue comme un signe de vie ! C’est là que grandissent les pauvres, ils n’ont pas d’autres lieux, ni d’autres horizons. Ils doivent trouver là leur raison de vivre et d’espérer. Après 8 heures de travail très pénible ou après une journée sans rien faire d’intéressant, l’évasion dans la musique, dans des coups de pieds à donner dans un ballon ou l’évasion dans le regroupement collectif autour d’un prêcheur puissant en paroles et en témoignages époustouflants, peut se comprendre. On cherche à vivre, à survivre parfois.

L’activité scolaire est comme un « salut » pour ces générations qui veulent apprendre et qui ne désespèrent pas de s’en sortir un jour. C’est incroyable ! Tous ces enfants et ces jeunes s’accrochent à un désir d’apprendre comme à une bouée qui va les mener sur une autre rive… « Etudier » occupe tous les esprits et l’entrée dans le monde du travail est repoussée, souvent elle effraie, on y est souvent mal préparé. Cette situation est due en partie à une offre de travail très limitée et si elle se présente, ses conditions sont très dures parfois.

Durant cette année scolaire, nous avons été invites à faire réfléchir les élèves sur la paix. Il s’agit d’un projet mené par la Commission Episcopale de l’Ecole Catholique et financé par la Délégation Haïtienne de l’Union Européenne. Il nous a été proposé quelques activités et ce fut l’occasion pour les enfants de découvrir leur capacité de dessiner, de peindre, d’exprimer une idée, un événement, un rêve autrement que par la parole. Ces travaux étaient à élaborer à plusieurs et c’est important pour apprendre à construire quelque chose ensemble sans rivaliser et sans convoiter un bien pour soi-même seulement.

Ils ont rencontré d’autres élèves ; des personnes impliquées dans ce projet sont venues nous visiter, ce qui est toujours très apprécié par tous dans l’école.

Quant à savoir quel chemin de paix se fait dans le coeur et la tête de chacun, c’est difficile à évaluer ! On ne devient pas non- violent du jour au lendemain. Il s’agit de transformer notre regard sur nous-mêmes et sur l’autre…